L'arbitrage entre indemnités kilométriques et voiture de fonction se tranche par un calcul, pas par une règle du pouce. Ce guide donne la formule, les barèmes officiels à leur date, et le seuil de kilométrage annuel pour quatre niveaux de loyer. Il porte sur le cas le plus fréquent en 2026 : une voiture de fonction 100 % électrique en location longue durée, mise à disposition depuis le 1er février 2025.
À partir de combien de kilomètres la voiture de fonction coûte-t-elle moins cher
Entre 12 400 et 25 200 kilomètres professionnels par an, selon le loyer et la puissance fiscale du véhicule personnel du salarié. Le seuil dépend d'un paramètre côté entreprise, le coût global annuel de la voiture de fonction, et de deux paramètres côté salarié, la puissance fiscale de son véhicule et son énergie. La règle des 12 000 kilomètres, largement reprise, ne correspond à aucun de ces cas.
La formule tient en une ligne : le seuil est le kilométrage pour lequel le montant du barème kilométrique égale le coût employeur de la voiture de fonction, soit le coût global annuel augmenté des cotisations patronales dues sur l'avantage en nature. Sous 20 000 kilomètres, le barème comporte une part fixe, ce qui rend le calcul un peu moins intuitif que la simple division d'un coût par un tarif au kilomètre.
Coût global annuel de la voiture de fonction | Coût employeur, avantage en nature compris | Seuil, véhicule personnel 4 CV | Seuil, véhicule personnel 5 CV | Seuil, véhicule personnel 7 CV et plus |
|---|---|---|---|---|
6 000 € (500 €/mois) | 6 405 € | 14 900 km | 14 000 km | 12 400 km |
7 200 € (600 €/mois) | 7 686 € | 18 700 km | 17 600 km | 15 700 km |
8 400 € (700 €/mois) | 8 967 € | 22 000 km | 21 000 km | 18 900 km |
9 600 € (800 €/mois) | 10 248 € | 25 200 km | 24 000 km | 21 800 km |
Hypothèses du tableau : voiture de fonction 100 % électrique en location longue durée éligible à l'abattement, coût global annuel toutes taxes comprises couvrant location, entretien et assurance, cotisations patronales sur l'avantage en nature retenues à 45 %, véhicule personnel du salarié thermique. L'électricité et les bornes sont traitées à part, plus bas, parce qu'elles n'entrent pas dans l'avantage en nature.
À partir de combien de kilomètres par an une voiture de fonction coûte-t-elle moins cher que les indemnités kilométriques ?
Pour une voiture de fonction électrique en location longue durée à 600 euros par mois tout compris, le seuil se situe autour de 17 600 kilomètres professionnels par an lorsque le salarié utilise un véhicule personnel thermique de 5 CV. Il descend vers 14 000 kilomètres à 500 euros de loyer et monte vers 24 000 kilomètres à 800 euros. Le seuil suit le loyer, il ne se résume pas à un nombre unique.
Ce que coûtent les indemnités kilométriques à l'entreprise
Le coût est le montant versé, et rien d'autre. Les indemnités kilométriques forfaitaires sont exclues de l'assiette des cotisations et de la CSG-CRDS dans la limite du barème kilométrique fiscal, à condition d'être justifiées. Il n'y a ni taxe annuelle, ni avantage en nature, ni immobilisation : l'entreprise achète des kilomètres, pas un véhicule.
Puissance administrative | Jusqu'à 5 000 km | De 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
3 CV et moins | d × 0,529 | (d × 0,316) + 1 065 | d × 0,370 |
4 CV | d × 0,606 | (d × 0,340) + 1 330 | d × 0,407 |
5 CV | d × 0,636 | (d × 0,357) + 1 395 | d × 0,427 |
6 CV | d × 0,665 | (d × 0,374) + 1 457 | d × 0,447 |
7 CV et plus | d × 0,697 | (d × 0,394) + 1 515 | d × 0,470 |
La lettre d désigne la distance annuelle parcourue à titre professionnel. Ce barème est celui de l'article 6 B de l'annexe IV au code général des impôts, reproduit au Bulletin officiel des finances publiques sous la référence BOI-BAREME-000001. Lorsque le véhicule personnel du salarié est 100 % électrique, le montant obtenu est majoré de 20 %, ce qui rapproche mécaniquement le seuil de bascule.
20
% de majoration du barème kilométrique pour un véhicule personnel 100 % électrique
Les indemnités kilométriques sont-elles exonérées de cotisations sociales ?
Oui, dans la limite du barème kilométrique fiscal et à condition d'être justifiées. L'employeur doit pouvoir prouver l'existence du déplacement professionnel, le nombre de kilomètres parcourus et produire la carte grise du véhicule. Au-delà du barème, ou sans justificatif, la somme est réintégrée dans l'assiette des cotisations.
Ce que coûte une voiture de fonction électrique à l'entreprise
Le coût employeur se compose du coût global annuel du véhicule et des cotisations patronales dues sur l'avantage en nature. Pour un véhicule mis à disposition depuis le 1er février 2025, l'évaluation forfaitaire d'un véhicule loué est de 50 % du coût global annuel, contre 30 % auparavant. Cette hausse est le fait marquant de la réforme, et c'est elle qui rend l'arbitrage à refaire.
Véhicule mis à disposition depuis le 1er février 2025 | Sans prise en charge du carburant | Avec prise en charge du carburant |
|---|---|---|
Véhicule acheté de 5 ans ou moins | 15 % du coût d'achat | 15 % du coût d'achat plus les frais réels sur factures, ou 20 % du coût d'achat |
Véhicule acheté de plus de 5 ans | 10 % du coût d'achat | 10 % du coût d'achat plus les frais réels sur factures, ou 15 % du coût d'achat |
Véhicule loué ou en location avec option d'achat | 50 % du coût global annuel : location, entretien, assurance | 50 % du coût global annuel plus les frais réels sur factures, ou 67 % du coût global |
Pour un véhicule 100 % électrique qui respecte le score environnemental requis pour le bonus écologique, ce montant subit un abattement de 70 %, plafonné en valeur annuelle. Concrètement, tant que le coût global annuel reste sous 13 262 euros, l'avantage en nature d'une voiture de fonction électrique en location revient à 15 % du coût global, contre 50 % pour un véhicule thermique équivalent. Le détail des taux figure dans le barème complet de l'avantage en nature 2026.
4 641,60
€ par an, plafond de l'abattement de 70 % sur l'avantage en nature d'un véhicule 100 % électrique
Deux postes ne pèsent rien de plus. Les frais d'électricité pris en charge par l'employeur n'entrent pas dans le calcul de l'avantage en nature, quelle que soit leur ampleur. Et les deux taxes annuelles sur les véhicules de tourisme affectés à des fins économiques ne s'appliquent pas : la taxe sur les émissions de polluants atmosphériques exonère les véhicules électriques, et la taxe sur les émissions de dioxyde de carbone suit un barème progressif qui laisse un véhicule sans émission à zéro.
0
€ de taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques pour un véhicule électrique
Affiner les hypothèsesFrais annexes 0 € · cotisations 22 % et 42 % · TMI 30 %
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Combien coûte l'avantage en nature d'une voiture de fonction électrique en 2026 ?
Pour un véhicule loué mis à disposition depuis le 1er février 2025, l'avantage en nature forfaitaire vaut 50 % du coût global annuel, réduit de 70 % pour un véhicule 100 % électrique éligible, dans la limite de 4 641,60 euros par an en 2026. Il revient donc à 15 % du coût global tant que celui-ci reste sous 13 262 euros. Les frais d'électricité payés par l'employeur n'y entrent pas.
Pourquoi l'électrique déplace le seuil de près de 3 000 kilomètres
Parce que l'abattement de 70 % ramène l'avantage en nature de 50 % à 15 % du coût global, et que les cotisations patronales suivent. À loyer identique, une voiture de fonction électrique coûte de 945 à 1 512 euros de moins par an à l'employeur qu'une voiture thermique, avant même de compter les taxes annuelles dont le thermique reste redevable. Ce delta abaisse le seuil de bascule de 2 600 à 3 500 kilomètres selon le loyer.
Coût global annuel | Avantage en nature, véhicule thermique | Avantage en nature, véhicule électrique | Écart de coût employeur par an | Seuil 5 CV, thermique | Seuil 5 CV, électrique |
|---|---|---|---|---|---|
6 000 € | 3 000 € | 900 € | 945 € | 16 700 km | 14 000 km |
7 200 € | 3 600 € | 1 080 € | 1 134 € | 20 700 km | 17 600 km |
8 400 € | 4 200 € | 1 260 € | 1 323 € | 24 100 km | 21 000 km |
9 600 € | 4 800 € | 1 440 € | 1 512 € | 27 500 km | 24 000 km |
L'écart de coût employeur est calculé au même taux de cotisations patronales de 45 % dans les deux colonnes. Il est volontairement sous-estimé : les deux taxes annuelles auxquelles le véhicule thermique reste soumis ne sont pas comptées, faute de barème unique applicable à tout un parc. Un arbitrage complet entre motorisations est traité dans notre comparaison électrique et hybride rechargeable.
2 600 à 3 500
km d'écart de seuil entre une voiture de fonction thermique et son équivalent électrique
L'électrification change-t-elle l'arbitrage entre indemnités kilométriques et voiture de fonction ?
Oui, dans les deux sens. L'abattement de 70 % sur l'avantage en nature abaisse le seuil de bascule de 2 600 à 3 500 kilomètres par an, ce qui rend la voiture de fonction rentable plus tôt. À l'inverse, si le salarié roule dans son propre véhicule électrique, la majoration de 20 % du barème kilométrique renchérit l'option indemnités et rapproche le seuil d'autant.
Les trois paramètres qui déplacent le seuil
Un seuil calculé une fois ne vaut que pour un couple loyer et profil de salarié. Trois variables suffisent à le faire bouger de plusieurs milliers de kilomètres, et ce sont celles à documenter avant d'ouvrir le débat en comité.
- Le coût global annuel de la voiture de fonction. C'est de loin la variable dominante : 100 euros de loyer mensuel supplémentaires déplacent le seuil d'environ 3 000 kilomètres. Négocier le loyer déplace l'arbitrage plus sûrement que n'importe quel montage fiscal.
- L'énergie du véhicule personnel du salarié. Un collaborateur qui roule déjà en électrique perçoit 20 % de plus au barème, ce qui abaisse le seuil d'environ un sixième. Deux salariés au même kilométrage ne relèvent donc pas forcément de la même décision.
- La puissance fiscale de ce véhicule personnel. Entre 4 CV et 7 CV et plus, l'écart de seuil atteint 2 500 à 3 400 kilomètres à loyer constant. Une flotte de commerciaux équipés de grosses cylindrées personnelles bascule bien plus tôt qu'un parc de petites citadines.
Ce que cela change dans la car policy
Le seuil n'a d'intérêt que s'il devient une règle écrite. Une car policy qui se contente d'un plafond de loyer par statut laisse le choix du mode d'indemnisation à l'arbitraire du manager, et personne ne sait plus ce que le parc coûte réellement.
- Écrire le seuil d'éligibilité en kilomètres professionnels annuels, et non en niveau hiérarchique. Un chargé d'affaires à 25 000 kilomètres relève du véhicule de fonction, un directeur sédentaire à 3 000 kilomètres relève des indemnités.
- Fixer le seuil par tranche de loyer, puisqu'il en dépend directement. Un seul chiffre pour toute la grille sera faux partout sauf sur une ligne.
- Prévoir une clause de revoyure annuelle : le barème kilométrique est revalorisé par arrêté, et le plafond de l'abattement au 1er janvier de chaque année.
- Traiter la recharge à domicile dans le même document. Elle ne pèse pas sur l'avantage en nature, mais elle pèse sur le budget et sur l'équité entre collaborateurs selon qu'ils disposent ou non d'un point de charge.
- Documenter le régime de preuve retenu pour les kilomètres indemnisés, avant que l'Urssaf ne le demande.
La méthode de construction du document, ses annexes et sa gouvernance sont détaillées dans notre guide de la car policy. Le choix entre évaluation forfaitaire et évaluation au réel de l'avantage en nature, qui peut inverser une conclusion sur un véhicule peu utilisé à titre privé, est traité dans forfait ou frais réels.
Comment écrire le seuil d'éligibilité à la voiture de fonction dans une car policy ?
En kilomètres professionnels annuels et par tranche de loyer, plutôt qu'en niveau hiérarchique. Le seuil dépend du coût global annuel du véhicule, donc un chiffre unique pour toute la grille est faux dès la deuxième ligne. Une clause de revoyure annuelle est nécessaire, car le barème kilométrique et le plafond de l'abattement sont revalorisés chaque année.
Ce que ce calcul ne dit pas
Le seuil est un coût comparé, pas une décision complète. Quatre éléments ne s'y logent pas et penchent presque tous du même côté.
- L'attractivité. Une voiture de fonction est un élément de rémunération négocié à l'embauche ; les indemnités kilométriques ne le sont pas.
- Les obligations de verdissement. Les kilomètres indemnisés dans le véhicule personnel d'un salarié ne comptent pas dans un parc, donc ils ne contribuent à aucun quota de véhicules à faibles émissions.
- Le risque reporté sur le salarié. Indemniser au kilomètre revient à faire porter l'usure, l'assurance professionnelle et la valeur résiduelle par le collaborateur, avec les contentieux que cela finit par produire.
- La récupération de TVA et l'amortissement, qui dépendent du montage retenu et de la nature du véhicule, et qui ne se traitent pas au kilomètre.
Un chiffrage complet suppose donc de reprendre le coût de détention réel, poste par poste. Les ordres de grandeur et les outils correspondants sont réunis dans nos ressources.
Refaire le calcul sur votre propre parc
Les seuils publiés ici valent pour les hypothèses annoncées. Sur un parc réel, le loyer varie d'un segment à l'autre, le taux de charges patronales dépend des niveaux de rémunération, et la part de recharge publique change le coût de l'énergie. Le simulateur ci-dessous reprend ces paramètres pour un coût de détention complet, et Evera Fleet permet de faire chiffrer le parc segment par segment.
Affiner les hypothèsesRecharge 70 % à domicile · avantage au forfait · valeurs du gabarit Berline
Aujourd’hui : Diesel
Envisagé : Électrique
Coût total de détention
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