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Essai BYD Sealion 5 DM-i (2026) : 33 990 € et 3,3 kW de charge

Commercialisé en France depuis le début de l'année 2026, le Sealion 5 DM-i est l'arme de volume de BYD sur le segment des SUV familiaux hybrides rechargeables, celui-là même où le constructeur chinois est devenu au printemps le premier vendeur de PHEV du marché français.

Yann Le Prado · 11 septembre 2026 · 10 min de lecture

Commercialisé en France depuis le début de l'année 2026, le Sealion 5 DM-i est l'arme de volume de BYD sur le segment des SUV familiaux hybrides rechargeables, celui-là même où le constructeur chinois est devenu au printemps le premier vendeur de PHEV du marché français. Il propose 4,74 m, 212 ch cumulés et jusqu'à 86 km d'autonomie électrique pour 33 990 €, soit le tarif d'un SUV compact thermique correctement équipé. Cet essai BYD Sealion 5 DM-i confronte cette offensive tarifaire à deux réalités que le prix catalogue ne dit pas : une puissance de recharge de 3,3 kW, et deux grammes de CO2 qui décident de l'éligibilité aux quotas de verdissement.

1. Positionnement et pourquoi maintenant (8/10)

Le calendrier fiscal français a fabriqué un espace pour ce véhicule. Depuis le 1er janvier 2025, les hybrides rechargeables ont perdu toute exonération sur les taxes annuelles et sont traités comme des thermiques sur leurs émissions réelles, ce qui a coupé l'appétit des flottes pour le PHEV premium à 50 000 €. Dans le même temps, beaucoup d'entreprises ne peuvent pas basculer intégralement leur parc en électrique, faute d'infrastructure de recharge ou d'usages compatibles. Le Sealion 5 DM-i répond exactement à ce cas : un PHEV assez sobre pour rester hors malus, assez peu cher pour limiter la réintégration fiscale, et suffisamment autonome en électrique pour couvrir des trajets domicile travail quotidiens sans essence. BYD s'appuie par ailleurs sur un réseau qui passe de 90 points de vente début 2026 à un objectif de 200 en fin d'année, ce qui commence à rendre l'après vente crédible pour un parc national.

2. Design extérieur (6/10)

Le Sealion 5 mesure 4 738 mm de long, 1 860 mm de large et 1 710 mm de haut pour un empattement de 2 712 mm. Le dessin est neutre, sans erreur ni signature marquante, avec une grande surface vitrée et une custode généreuse qui servent avant tout la visibilité. Les jantes alliage bi ton de 18 pouces sont montées de série sur toute la gamme, ce qui évite l'effet catalogue d'entrée de gamme fréquent à ce niveau de prix. Les réserves relevées par les essayeurs portent sur les finitions périphériques plutôt que sur le style : soudures et jointures de tôle négligées sous le capot et autour des ouvrants, détail sans conséquence d'usage mais révélateur de l'endroit où les économies ont été faites. Sur un parc, cette neutralité esthétique est un avantage plutôt qu'un défaut.

3. Vie à bord et habitabilité (8/10)

L'espace arrière est le vrai argument. Deux adultes de 1,90 m tiennent à l'aise, avec un plancher plat, une ligne de toit quasi horizontale, des aérateurs et des prises USB-C dédiés. La qualité perçue surprend à ce tarif, avec des plastiques moussés et un similicuir valorisant, et BYD a conservé de vrais boutons physiques sur le tunnel central pour le désembuage, le volume et la bascule entre modes hybride et électrique, ce qui est devenu rare. L'écran central de 12,8 pouces ne pivote pas, contrairement au reste de la gamme BYD, et son interface reste peu intuitive sur les menus de consommation et de recharge. Le coffre est en revanche le point faible objectif : 463 litres, 1 410 litres banquette rabattue, avec une modularité limitée à un simple 60/40. Un Dacia Bigster, 17 cm plus court, offre 667 litres. Pour un usage commercial avec échantillons ou matériel, l'écart se voit.

4. Motorisation et performances (7/10)

L'architecture DM-i associe un quatre cylindres 1,5 litre atmosphérique à cycle Atkinson de 98 ch et 122 Nm à deux machines électriques, dont une de traction de 197 ch et 300 Nm, pour une puissance cumulée de 212 ch et 5 CV fiscaux. Il n'y a pas de boîte de vitesses, ce qui supprime tout à-coup : le moteur électrique assure la motricité dans la quasi totalité des situations, le thermique servant de générateur et n'entraînant les roues qu'au delà de 70 km/h ou en forte accélération. Le système maintient en permanence au moins 25 % de charge, ce qui garantit un comportement de véhicule électrifié même réservoir de batterie théoriquement vide et évite l'effondrement des performances typique des anciens PHEV. Le 0 à 100 km/h est abattu en 7,7 secondes sur la Comfort et 8,1 secondes sur la Design. Les réserves portent sur les vibrations du quatre cylindres, perceptibles au pédalier en relance sur voie rapide, et sur son ronronnement à vitesse stabilisée.

5. Autonomie et consommation (8/10)

Deux batteries Blade en chimie LFP structurent la gamme. La Comfort reçoit 12,9 kWh pour 62 km WLTP en cycle mixte, la Design 18,3 kWh pour 86 km selon le constructeur, la presse relevant 88 km au tableau de bord. Associées au réservoir de 52 litres, elles portent l'autonomie combinée à 992 et 1 016 km. Les mesures indépendantes sont cohérentes : environ 70 km réellement parcourus moteur coupé sur la Design en évitant les voies rapides, et une consommation d'environ 6,5 litres aux 100 km batterie vide sur parcours varié, autour de 6,2 à 6,5 litres sur autoroute. Ces chiffres sont honnêtes pour un SUV de 4,74 m et 1 749 kg, et ils changent la nature de l'arbitrage : un collaborateur qui recharge chaque nuit couvre l'intégralité d'un trajet domicile travail de 60 km aller retour en électrique, tout en conservant 900 km d'autonomie thermique pour les déplacements exceptionnels. C'est précisément le profil que l'électrique pur ne sert pas bien lorsque l'infrastructure fait défaut.

6. Recharge et usage quotidien (3/10)

C'est le point noir du dossier et il doit être traité comme tel. Le chargeur embarqué plafonne à 3,3 kW en courant alternatif, et le véhicule n'accepte aucune recharge en courant continu. Il faut 4 h 30 pour passer de 15 à 100 % sur la petite batterie et 6 heures sur la grande, contre moins de trois heures sur la plupart des concurrents qui acceptent 7,4 kW. Concrètement, le Sealion 5 ne se recharge que la nuit, à domicile ou au dépôt. Toute stratégie de recharge d'appoint en journée, sur une borne de parking client ou d'entreprise pendant une réunion, est inopérante : deux heures de charge ne rendent qu'une vingtaine de kilomètres. Pour une flotte, cela signifie qu'une borne partagée ne peut pas servir plusieurs Sealion 5 dans la même journée, et que le bénéfice électrique du véhicule dépend entièrement de la disponibilité d'un point de charge nocturne dédié. La fonction V2L de 3,3 kW, montée de série, offre en contrepartie une prise de courant utilisable sur chantier ou en intervention.

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7. Comportement et conduite (6/10)

Le Sealion 5 privilégie le confort de suspension, avec des mouvements de caisse correctement tenus et un filtrage supérieur à ce que le tarif laisse attendre. Le freinage est jugé naturel, sans les variations de consistance fréquentes sur les véhicules électrifiés. En revanche, la direction est décrite comme muette et artificielle, le châssis placide, le roulis prononcé et l'amortissement inutilement ferme sur les saignées transversales. La position de conduite est haute et les réglages du volant manquent d'amplitude, avec un maintien lombaire des sièges insuffisant sur long trajet. L'isolation acoustique laisse passer bruits d'air et de roulement au delà de 110 km/h. Les aides à la conduite sont complètes mais jugées envahissantes, avec un paramétrage peu ergonomique, même si un accès rapide depuis la page d'accueil permet de désactiver les plus agaçantes. Rien de rédhibitoire pour un usage professionnel, mais aucun agrément particulier non plus.

8. Prix, finitions et prestations (9/10)

La gamme se limite à deux finitions : Comfort à 30 990 € et Design à 33 990 €, la seule option facturée étant la peinture métallisée à 850 €, l'Atlantis Blue étant sans supplément. Tout le reste est de série, et la liste est copieuse dès la Comfort : accès et démarrage sans clé, caméra de recul, radar arrière, régulateur adaptatif, alerte d'angles morts, freinage de trafic transversal, écran tactile 12,8 pouces avec navigation Google, instrumentation numérique 8,8 pouces, connectivité 4G, Android Auto et Apple CarPlay sans fil, sièges avant électriques, projecteurs LED, jantes 18 pouces et V2L. La Design ajoute les caméras 360 degrés, le hayon électrique, les radars avant, la recharge par induction et les sièges chauffants. Les garanties complètent le tableau : six ans ou 150 000 km sur le véhicule, huit ans ou 150 000 km sur le groupe motopropulseur, huit ans ou 250 000 km sur la batterie. À ce niveau de prestations, la concurrence directe se situe 2 000 à 4 000 € plus haut.

9. TCO, fiscalité et intérêt flotte (7/10)

Le dossier fiscal se joue sur deux grammes de CO2, et c'est ce qui rend l'arbitrage entre finitions décisif. La Design est homologuée à 48 g par kilomètre, la Comfort à 62 g. Aucune des deux ne paie de malus à l'immatriculation, le seuil de déclenchement étant remonté à 108 g en 2026. Mais la Design passe sous le seuil de 60 g qui définit le véhicule à faibles émissions et compte donc dans les quotas de verdissement de la loi LOM, quand la Comfort en est exclue pour deux grammes. Pour une entreprise de plus de cent véhicules qui doit atteindre 40 % de véhicules à faibles émissions au 1er janvier 2027, cette différence n'est pas un détail comptable, elle décide si le véhicule sert ou non l'obligation réglementaire. Le second effet de seuil joue dans le même sens : à 48 g, la Design relève du plafond d'amortissement de 20 300 € applicable à la tranche 20 à 49 g, contre 18 300 € pour la Comfort dans la tranche 50 à 165 g. La fraction non déductible ressort ainsi à environ 13 700 € sur la Design et 12 700 € sur la Comfort, l'écart de 2 000 € de base amortissable compensant partiellement les 3 000 € de surcoût catalogue. Les taxes annuelles restent dues, sans aucun abattement depuis 2025 : de l'ordre de 47 € par an au titre du CO2 pour la Design et 84 € pour la Comfort, auxquels s'ajoutent 130 € au titre des polluants atmosphériques. Sur l'avantage en nature, en revanche, aucune faveur : l'abattement de 70 % est réservé aux véhicules 100 % électriques éco scorés, et un PHEV est traité comme un thermique. Deux vérifications sont à faire au bon de commande, la masse en ordre de marche exacte, qui détermine un éventuel malus au poids depuis l'abaissement du seuil à 1 500 kg au 1er janvier 2026, et le seuil réglementaire de CO2 retenu pour les quotas LOM à la date de signature.

10. Verdict et analyse Evera (7/10)

Le Sealion 5 DM-i est un outil de transition, et c'est comme tel qu'il faut l'évaluer. Il n'est ni agréable à conduire, ni exceptionnel sur un critère isolé, mais il fait correctement à peu près tout ce qu'un véhicule de flotte doit faire, pour un prix qui n'a pas d'équivalent : habitabilité arrière de premier ordre, équipement complet dès l'entrée de gamme, 86 km d'autonomie électrique réellement exploitables à hauteur de 70, plus de 1 000 km d'autonomie combinée, et des garanties longues qui sécurisent la valeur résiduelle. Sa contrainte majeure est la recharge à 3,3 kW sans courant continu, qui impose une recharge nocturne dédiée et disqualifie le véhicule dans toute organisation reposant sur des bornes partagées en journée. La recommandation Evera est nette : prendre la Design à 33 990 € et non la Comfort. Les 3 000 € d'écart achètent 24 km d'autonomie électrique supplémentaires, 2 000 € de base amortissable, et surtout l'éligibilité aux quotas de la loi LOM que la Comfort rate de deux grammes. C'est le seul cas de figure où la version haute est le choix économiquement rationnel.

L'analyse Evera

Design3/5
Confort4/5
Motorisation3,5/5
Autonomie4/5
Recharge1,5/5
Conduite3/5
Technologies3,5/5
Prix et prestations4,5/5

Cet essai complète nos analyses des hybrides rechargeables et hybrides pour flottes, du MG S9 PHEV au Toyota RAV4 PHEV, en passant par le BYD Seal 6 DM-i Touring, le Citroën C5 Aircross PHEV et le Dacia Bigster Hybrid 155. Pour arbitrer entre une Design éligible aux quotas LOM et une Comfort moins chère à l'achat sur quatre ans, taxes annuelles et amortissement non déductible compris, nos experts construisent la simulation adaptée à votre car policy.

Points forts

  • Design homologuée à 48 g de CO2, éligible aux quotas de véhicules à faibles émissions de la loi LOM
  • Plafond d'amortissement de 20 300 € sur la Design contre 18 300 € sur la Comfort
  • 86 km WLTP d'autonomie électrique, environ 70 km constatés, et plus de 1 000 km d'autonomie combinée
  • Équipement complet de série dès 30 990 €, une seule option au catalogue
  • Garanties six ans ou 150 000 km sur le véhicule et huit ans ou 250 000 km sur la batterie

Points faibles

  • Recharge limitée à 3,3 kW en alternatif et aucune recharge en courant continu
  • Coffre de 463 litres, environ 200 litres de moins que certains rivaux plus courts
  • Aucun abattement sur l'avantage en nature, le PHEV est traité comme un thermique depuis 2025
  • Comfort exclue des quotas loi LOM pour deux grammes de CO2
  • Direction sans consistance, roulis prononcé et aides à la conduite envahissantes

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