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Avantage en nature véhicule électrique 2026 : calcul, barème et arbitrage

Depuis l'arrêté du 25 février 2025, l'avantage en nature (AEN) d'un véhicule de fonction a changé de dimension.

Loan Charrassier · 1 août 2026 · 11 min de lecture

Depuis l'arrêté du 25 février 2025, l'avantage en nature (AEN) d'un véhicule de fonction a changé de dimension. Les taux forfaitaires ont été relevés d'environ deux tiers, et le véhicule 100 % électrique est devenu le seul à conserver un abattement significatif. Pour un dirigeant, un DRH ou un directeur financier, ce n'est plus un sujet de paie : c'est un paramètre d'arbitrage de flotte.

L'enjeu est double. L'AEN entre dans l'assiette des cotisations sociales, donc dans le coût employeur. Il est aussi imposable au titre de l'impôt sur le revenu du salarié, les règles fiscales étant alignées sur les règles sociales. Un même véhicule peut donc coûter, à prix d'achat identique, deux à trois fois plus cher en charges selon sa motorisation.

Cet article détaille le barème en vigueur, l'abattement réservé à l'électrique, ses conditions, et trois calculs complets. Pour chiffrer votre cas précis, le simulateur d'avantage en nature 2026 reprend exactement les règles décrites ici.

4 641,60

euros de plafond annuel de l'abattement de 70 % au forfait, en 2026

Source : Avantages en nature, taux et barèmes, URSSAF : valeur revalorisée pour 2026 des 4 582 euros de l'arrêté du 25 février 2025

Deux régimes coexistent, et la date de mise à disposition tranche

La règle la plus mal comprise est aussi la plus simple. L'arrêté du 25 février 2025 ne s'applique pas à toute la flotte d'un coup : il vise les véhicules mis à disposition à compter du 1er février 2025. Un véhicule attribué avant cette date reste évalué selon l'ancien barème jusqu'à la fin de son affectation au salarié.

Concrètement, une même entreprise applique aujourd'hui deux grilles en parallèle. C'est une source classique d'erreur en paie et de redressement en cas de contrôle.

Le barème applicable depuis le 1er février 2025

  • Véhicule acheté de cinq ans ou moins : 15 % du coût d'achat par an (10 % au-delà de cinq ans).
  • Véhicule acheté avec carburant payé par l'employeur pour l'usage privé : forfait global de 20 % du coût d'achat (15 % au-delà de cinq ans).
  • Véhicule loué, en location simple ou avec option d'achat : 50 % du coût global annuel comprenant la location, l'entretien et l'assurance.
  • Véhicule loué avec carburant payé par l'employeur : forfait global de 67 % du coût global annuel.

Le barème antérieur, encore vivant dans votre flotte

Pour les véhicules mis à disposition jusqu'au 31 janvier 2025, les taux restent de 9 % du coût d'achat (6 % au-delà de cinq ans), 12 % avec carburant (9 % au-delà de cinq ans), 30 % du coût global annuel en location et 40 % avec carburant.

L'écart entre 9 % et 15 % explique à lui seul pourquoi la question de la motorisation est remontée au comité de direction en deux ans.

L'abattement de 70 % réservé au véhicule électrique

Pour un véhicule fonctionnant exclusivement à l'électricité, mis à disposition entre le 1er février 2025 et le 31 décembre 2027, l'avantage en nature évalué au forfait bénéficie d'un abattement de 70 %, dans la limite de 4 641,60 euros par an en 2026.

Ce plafond est la valeur revalorisée du montant de 4 582 euros inscrit dans l'arrêté du 25 février 2025. Il est réévalué au 1er janvier de chaque année, sur l'indice provisoire des prix à la consommation des ménages hors tabac. Retenez donc le principe, pas le chiffre : avant d'établir une paie, vérifiez la valeur de l'année en cours dans le barème publié par l'URSSAF.

Deux points méritent l'attention du gestionnaire, car ils font basculer un dossier.

Condition 1 : le score environnemental

L'abattement n'est pas ouvert à tous les véhicules électriques. Le véhicule doit respecter la condition de score environnemental prévue par le code de l'énergie, celle qui conditionne l'éligibilité au bonus écologique. Ce score est fixé par arrêté et l'atteinte du score minimal est constatée version par version. Un modèle électrique non listé bascule sur le barème commun, sans abattement.

La conséquence opérationnelle est directe : l'éligibilité se vérifie avant la commande, pas à la première paie. Un modèle retenu pour son prix peut se révéler deux fois plus coûteux en AEN qu'un modèle voisin éligible.

Condition 2 : la fenêtre temporelle

Le dispositif court jusqu'au 31 décembre 2027. C'est la date de mise à disposition qui compte, pas la date de calcul. Un véhicule attribué en 2027 conserve donc son régime sur la durée de son affectation, ce qui plaide pour anticiper les renouvellements plutôt que de les subir.

La recharge payée par l'employeur n'est pas un avantage en nature

C'est l'un des effets les plus favorables du texte et l'un des moins exploités. Les frais d'électricité engagés par l'employeur pour recharger le véhicule ne sont pas pris en compte dans le calcul de l'AEN. Là où le carburant fait passer un thermique de 15 % à 20 %, l'électricité reste neutre.

Le même arrêté traite la borne de recharge. Une borne mise à disposition sur le lieu de travail et utilisée à des fins non professionnelles est évaluée à un montant nul. Pour une borne installée au domicile du salarié et retirée à la fin du contrat, la prise en charge est exclue de l'assiette. Si la borne est conservée, l'exclusion joue dans la limite de 50 % des dépenses réelles, portée à 75 % lorsque la borne a plus de cinq ans, chaque limite étant plafonnée en euros par un montant fixé par l'arrêté et revalorisé.

Trois calculs complets

Cas 1 : véhicule électrique acheté 44 000 euros TTC

  • Base forfaitaire : 44 000 x 15 % = 6 600 euros par an.
  • Abattement de 70 % : 4 620 euros, soit un montant inférieur au plafond de 4 641,60 euros. L'abattement s'applique donc en totalité.
  • Avantage en nature : 6 600 moins 4 620 = 1 980 euros par an, soit 165 euros par mois.

Un thermique au même prix génère 6 600 euros par an, soit 550 euros par mois. L'écart annuel d'assiette est de 4 620 euros par conducteur.

Retenez le seuil : le plafond commence à mordre à partir d'environ 44 200 euros TTC de coût d'achat. Le calcul est direct : 4 641,60 divisé par 70 % donne 6 630,86 euros de base forfaitaire, montant qui correspond, au taux de 15 %, à un véhicule de 44 205 euros. Notre cas 1 passe donc tout juste en dessous. En deçà de ce seuil, l'abattement joue à plein. Au-dessus, chaque euro de prix supplémentaire se retrouve intégralement dans l'assiette. C'est un argument concret pour cadrer le haut de gamme dans une car policy.

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Cas 2 : véhicule électrique en location longue durée

Coût global annuel de 9 600 euros TTC (loyer, entretien et assurance, soit 800 euros par mois).

  • Base forfaitaire : 9 600 x 50 % = 4 800 euros par an.
  • Abattement de 70 % : 3 360 euros, sous le plafond.
  • Avantage en nature : 1 440 euros par an, soit 120 euros par mois.

Le même contrat sur un thermique donnerait 4 800 euros par an, soit 400 euros par mois. En location, le plafond ne commence à jouer qu'au-delà d'environ 1 105 euros de coût global mensuel, soit 13 262 euros par an.

Cas 3 : ce que cela vaut pour le salarié

L'AEN est soumis à cotisations et imposable à l'impôt sur le revenu. Sur le cas 1, l'écart d'assiette de 4 620 euros représente, pour un salarié dont la tranche marginale d'imposition est de 30 %, environ 1 386 euros d'impôt en moins chaque année, avant même l'effet sur les cotisations salariales. C'est un argument d'attractivité qui ne coûte rien à l'employeur.

Forfait ou dépenses réelles

L'employeur choisit entre l'évaluation forfaitaire et les dépenses réellement engagées. Au réel, on reconstitue l'amortissement (20 % du coût d'achat par an sur cinq ans, 10 % au-delà), l'assurance, l'entretien et le cas échéant le carburant, puis on applique le rapport entre kilométrage privé et kilométrage total.

Attention : l'abattement de 70 % plafonné à 4 641,60 euros est propre à l'évaluation forfaitaire. L'évaluation aux dépenses réellement engagées ouvre droit à un abattement distinct et nettement plus faible, de 50 %, dans la limite de 2 026,30 euros par an en 2026 (valeur revalorisée de 2 000,30 euros, réévaluée elle aussi chaque 1er janvier). Comparer les deux méthodes sur un électrique sans tenir compte de cet écart de plafond fausse complètement l'arbitrage.

Pour un véhicule électrique récent et bien valorisé, le forfait est donc très souvent la méthode la plus favorable, ce qui inverse le réflexe habituel des services de paie. Le réel garde son intérêt sur les véhicules thermiques anciens et peu utilisés à titre privé, à condition de disposer d'un suivi kilométrique fiable et opposable.

Comparer les deux méthodes véhicule par véhicule est vite fastidieux à partir d'une dizaine de conducteurs. C'est exactement ce que l'outil de calcul de l'avantage en nature automatise, en appliquant le plafond et l'abattement au bon endroit.

Ce que cela change dans votre car policy

Trois décisions découlent directement du barème.

  • Filtrer le catalogue sur l'éligibilité au score environnemental, et non sur la seule motorisation. C'est la condition d'accès à l'abattement.
  • Cadrer le plafond de prix par catégorie de conducteur, en tenant compte du seuil autour de 44 200 euros au-delà duquel l'abattement cesse de progresser.
  • Trancher la prise en charge du carburant sur le parc thermique restant, puisqu'elle fait passer le forfait de 15 % à 20 %, alors que la recharge électrique reste hors assiette.

Si votre flotte mélange encore les deux régimes de dates, commencez par un inventaire des dates de mise à disposition. Pour comprendre comment ce barème s'articule avec les autres grilles applicables, voyez notre article Grille voiture de fonction 2026 : le barème complet de l'avantage en nature.

Questions fréquentes

Un véhicule hybride rechargeable bénéficie-t-il de l'abattement de 70 % ?

Non. L'arrêté vise les véhicules fonctionnant exclusivement au moyen de l'énergie électrique. Un hybride, même rechargeable, relève du barème commun.

Quel est le plafond d'abattement applicable en 2026 ?

4 641,60 euros par an pour l'évaluation au forfait, 2 026,30 euros par an pour l'évaluation aux dépenses réellement engagées. Ces deux plafonds sont les valeurs revalorisées des montants de 4 582 euros et 2 000,30 euros fixés par l'arrêté du 25 février 2025, et ils sont réévalués au 1er janvier de chaque année.

Faut-il déclarer un avantage en nature si le salarié paie une participation ?

Oui, mais l'avantage est réduit. Lorsque le salarié verse une contribution, l'avantage en nature correspond à la différence entre la valeur évaluée du véhicule et cette contribution.

La recharge à domicile remboursée par l'employeur est-elle taxable ?

Les frais d'électricité engagés par l'employeur pour la recharge du véhicule ne sont pas pris en compte dans le calcul de l'avantage en nature véhicule. Le régime de la borne elle-même obéit à des règles distinctes, détaillées par l'arrêté.

Peut-on changer de méthode d'évaluation en cours d'année ?

L'employeur exerce son choix entre le forfait et le réel. En pratique, la méthode se tient sur l'année civile et se justifie par des éléments probants, notamment le suivi kilométrique si le réel est retenu.

Que se passe-t-il après le 31 décembre 2027 ?

Le régime actuel de l'abattement de 70 % est borné à cette date pour les nouvelles mises à disposition. Aucun texte ne fixe à ce jour le régime au-delà : c'est un paramètre de calendrier à intégrer dans votre plan de renouvellement.

Comment calculer l'avantage en nature d'un véhicule électrique en 2026 ?

L'évaluation part du barème commun : 15 % du coût d'achat TTC pour un véhicule acheté de cinq ans ou moins, 50 % du coût global annuel pour un véhicule loué. Un abattement de 70 % s'applique ensuite, dans la limite de 4 641,60 euros par an en 2026, pour les véhicules fonctionnant exclusivement à l'électricité mis à disposition entre le 1er février 2025 et le 31 décembre 2027, à condition qu'ils respectent le score environnemental du bonus écologique. Les frais d'électricité payés par l'employeur n'entrent pas dans le calcul.

Sources

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