L'arrivée en force des constructeurs chinois modifie en profondeur l'offre disponible pour les gestionnaires de parc. BYD a clôturé l'année 2025 avec 14 311 immatriculations en France, une croissance annuelle de 145,3 %, portant sa part de marché à environ 1 % [1][2]. Sur le premier semestre 2026, la marque totalise déjà 13 935 immatriculations, en progression de 136 % sur un an, et a atteint 2 % de part de marché au mois de mai, un niveau inédit [3][4].
Pour une PME ou une ETI qui électrifie sa flotte sous contrainte de la loi d'orientation des mobilités, cette poussée n'est pas anecdotique. Elle ouvre un accès à des véhicules zéro et faibles émissions à des prix catalogue souvent inférieurs à ceux des marques historiques, tout en soulevant des questions concrètes de TCO, de valeur résiduelle et de couverture réseau.
Ce dossier fait le point sur ce que l'entrée de BYD et des marques chinoises change pour les car policies, et sur les critères d'arbitrage à intégrer avant de valider un référencement.
47
% du prix d'origine : valeur résiduelle des électriques et hybrides rechargeables chinoises, contre 61 % début 2024
BYD et les constructeurs chinois s'installent sur le marché francais
Le mouvement dépasse le seul cas de BYD. La percée chinoise s'inscrit dans une bascule plus large du marché français vers l'électrique, où les marques venues de Chine gagnent régulièrement du terrain. Elles combinent une offre technologique mature sur la batterie et une politique tarifaire agressive, deux leviers qui parlent directement aux acheteurs flotte.
BYD conçoit et produit ses propres batteries, ce qui lui confère une maîtrise de la chaîne de valeur rare parmi les nouveaux entrants. Cette intégration verticale explique en partie sa capacité à positionner ses modèles sur des segments concurrentiels tout en préservant ses marges.
Le cap franchi en 2026 et le positionnement tarifaire
L'accélération de 2026 s'appuie sur une stratégie industrielle européenne. BYD ouvre une usine à Szeged, en Hongrie, dont la production de masse est attendue au second semestre 2026, après plusieurs reports [5]. Un second site est en cours de montée en puissance à Manisa, en Turquie, avec une capacité annuelle visée de 150 000 véhicules [6].
L'enjeu est douanier. L'Union européenne a instauré des droits compensatoires sur les véhicules électriques importés de Chine. BYD supporte un taux additionnel de 17 % qui s'ajoute aux 10 % de base, soit un total de 27 % [7]. À titre de comparaison, SAIC, maison mère de MG, subit la charge la plus lourde, avec des droits d'importation totaux de 45,3 % [7].
La production locale en Hongrie doit permettre à BYD de fabriquer des modèles estampillés Union européenne, exemptés de ces droits. Dans l'intervalle, la marque a largement contourné la barrière tarifaire en misant sur les motorisations hybrides et hybrides rechargeables, non concernées par les droits sur l'électrique [7]. Le SEAL U, en version Super Hybride DM, a été son modèle le plus vendu en France en 2025 avec 6 058 immatriculations [1].
Quel est le positionnement tarifaire de BYD en France ?
BYD combine une production locale en Hongrie et en Turquie pour échapper aux droits de douane européens, qui atteignent 27 % pour la marque en importation directe depuis la Chine [7]. En attendant, elle privilégie les hybrides rechargeables non taxés, avec des tarifs souvent inférieurs de 10 à 20 % aux références européennes équivalentes.
Ce que cela change pour les catalogues de flotte
Pour un gestionnaire de parc, la conséquence directe est un élargissement du catalogue disponible sur les segments les plus tendus. Là où l'offre électrique restait limitée et chère sur les segments C et D, l'arrivée des modèles chinois crée une pression concurrentielle sur les prix.
Cette pression tombe à point nommé au regard des obligations réglementaires. La loi d'orientation des mobilités impose aux entreprises gérant plus de 100 véhicules une trajectoire de renouvellement en véhicules à faibles émissions : 20 % à partir de 2024, 40 % à partir de 2027 et 70 % à partir de 2030 [8]. S'y ajoute la taxe incitative au verdissement, dont le barème vise 15 % de véhicules à très faibles émissions en 2025, 18 % en 2026, 25 % en 2027 et 30 % en 2028 [9].
Selon les données publiées mi-2025, une entreprise sur trois (34,3 %) était déjà en règle avec les objectifs 2025 [10]. Pour les autres, l'accès à des modèles électriques plus abordables devient un levier de conformité autant qu'un levier d'économies.
- Élargissement de l'offre sur les segments B, C et SUV compacts.
- Pression baissière sur les loyers de LLD électriques.
- Disponibilité renforcée de motorisations hybrides rechargeables pour lisser la transition.
- Nouvelle variable à intégrer dans l'arbitrage entre conformité LOM et maîtrise du TCO.
Avant d'ouvrir le référencement à ces marques, il reste pertinent de cadrer les fondamentaux du choix d'un véhicule électrique en s'appuyant sur un guide complet pour choisir le bon véhicule électrique pour son entreprise.
Integrer un constructeur chinois dans sa car policy
Référencer BYD ou une autre marque chinoise ne se limite pas à comparer des prix catalogue. La décision doit reposer sur une analyse de coût complet de détention, sur une estimation prudente de la valeur résiduelle et sur une vérification du maillage de service. Ces trois paramètres pèsent davantage que le prix d'achat sur le budget réel d'une flotte.
TCO, valeur residuelle et reseau de service
Le prix catalogue attractif peut être partiellement neutralisé par une valeur résiduelle plus faible, en particulier en LLD où le loueur intègre cette dépréciation dans le loyer. Les données récentes appellent à la vigilance.
Selon la Deutsche Automobil Treuhand, la valeur résiduelle des voitures électriques et hybrides rechargeables chinoises est tombée en avril 2026 à 47 % de leur prix d'origine, contre 61 % début 2024, soit une perte de près de 14 points en un peu plus d'un an [11]. Plus largement, les modèles chinois verraient leur valeur résiduelle chuter environ deux fois plus vite que la moyenne du marché, une voiture électrique de trois ans ne valant parfois plus que 38 % de son prix neuf [12].
À l'échelle du marché électrique dans son ensemble, la décote moyenne se situe entre 45 et 55 % de la valeur sur trois ans, contre 30 à 40 % pour un thermique équivalent selon Autovista Group [13]. La marque et le modèle restent donc des variables déterminantes de la valeur de revente.
Pour objectiver l'arbitrage, il est utile de raisonner en coût mensuel complet plutôt qu'en prix d'achat, à l'aide d'un calcul et simulateur TCO véhicule d'entreprise.
Critère TCO | Constructeur chinois (BYD) | Référence européenne établie |
|---|---|---|
Prix catalogue | Souvent plus bas sur segment équivalent | Généralement plus élevé |
Valeur résiduelle à 3 ans | Sous pression, environ 47 % constaté [11] | Plus stable, décote 45 à 55 % selon modèle [13] |
Réseau après-vente | En cours de densification | Maillage mature |
Motorisations disponibles | Électrique et hybride rechargeable | Gamme complète |
Éligibilité obligations LOM | Oui sur versions électriques et VFE | Oui |
La LLD atténue une partie du risque de valeur résiduelle, celui-ci étant porté par le loueur. Le loyer reste toutefois calibré sur les hypothèses de revente : une VR anticipée basse se traduit par un loyer plus élevé. Comparer plusieurs offres et durées est donc indispensable, ce que permet une approche de LLD véhicules électriques et hybrides en leasing flexible et sur-mesure.
Les véhicules chinois décotent-ils plus vite ?
Oui. La valeur résiduelle des électriques et hybrides rechargeables chinoises est passée de 61 % début 2024 à 47 % en avril 2026, soit une perte de près de 14 points [11]. Ces modèles décotent environ deux fois plus vite que la moyenne du marché [12], un facteur à intégrer au loyer de LLD.
Criteres de selection pour PME et ETI
Le référencement d'une marque chinoise dans une car policy gagne à s'appuyer sur une grille objective, applicable indépendamment de l'effet de nouveauté. Les critères ci-dessous permettent de sécuriser la décision.
- Coût complet mensuel : raisonner en TCO et non en prix d'achat, intégrant loyer, énergie, entretien et fiscalité.
- Hypothèse de valeur résiduelle : privilégier la LLD pour transférer le risque de dépréciation au loueur.
- Couverture réseau : vérifier la présence d'ateliers agréés à proximité des sites et des collaborateurs itinérants.
- Disponibilité des pièces : s'assurer des délais d'immobilisation en cas de sinistre ou de panne.
- Adéquation aux usages : autonomie réelle, vitesse de charge et volume utile selon les profils de conducteurs.
- Conformité réglementaire : éligibilité aux seuils LOM et à la taxe incitative au verdissement [8][9].
- Enjeux ESG et image : cohérence avec la politique achats responsables et vigilance sur la chaîne d'approvisionnement.
Pour structurer ces arbitrages dans un document opposable, un outil gratuit Car Policy Entreprise aide à cadrer les catégories de véhicules éligibles et les plafonds budgétaires par fonction.
Anticiper la recomposition du marche europeen de l'electrique
La percée chinoise s'accompagne d'une recomposition industrielle qui aura des effets durables sur les catalogues. BYD étudie l'implantation d'une deuxième usine européenne, la France et l'Espagne figurant parmi les candidates [14]. Une production supplémentaire sur le sol européen renforcerait la disponibilité et pourrait, à terme, stabiliser les valeurs résiduelles en réduisant la perception de risque liée à l'importation.
La dynamique concurrentielle reste toutefois sensible. BYD affiche un record de 2,26 millions de véhicules vendus dans le monde au premier trimestre 2026, mais son bénéfice net a reculé de 19 % sur la période, sous l'effet d'une guerre des prix [15]. Cette pression sur les marges peut se traduire par des offres commerciales agressives à court terme, mais aussi par des ajustements de gamme à surveiller.
Pour un gestionnaire de parc, trois lignes de conduite se dégagent.
- Diversifier les sources : ne pas concentrer une flotte sur une seule marque émergente tant que le réseau et les VR ne sont pas consolidés.
- Privilégier la flexibilité contractuelle : durées et kilométrages ajustables pour absorber l'évolution rapide de l'offre.
- Réévaluer périodiquement le catalogue : intégrer les nouveaux modèles produits en Europe dès qu'ils bénéficient de l'exemption de droits.
Le rythme d'arrivée des nouveautés justifie une veille active. Un panorama à jour, comme le top 15 des véhicules électriques les plus attendus en 2026 pour les entreprises, aide à anticiper les prochains référencements.
BYD va-t-il produire des véhicules en Europe ?
Oui. L'usine hongroise de Szeged doit atteindre la production de masse au second semestre 2026 [5], une seconde unité monte en puissance à Manisa en Turquie avec une capacité visée de 150 000 véhicules par an [6], et une troisième implantation européenne est à l'étude, avec la France et l'Espagne parmi les candidates [14].
FAQ
Combien BYD a-t-il vendu de véhicules en France en 2025 ?
BYD a immatriculé 14 311 véhicules en France en 2025, en hausse de 145,3 % sur un an, atteignant près de 1 % de part de marché [1][2].
Quels droits de douane s'appliquent aux véhicules électriques BYD ?
Les modèles électriques importés de Chine par BYD supportent un taux additionnel de 17 % en plus des 10 % de base, soit un total de 27 % [7]. La production en Hongrie vise à contourner cette barrière.
Les véhicules chinois sont-ils un bon choix en LLD pour une flotte ?
Ils peuvent l'être si le loyer intègre correctement une valeur résiduelle prudente. La LLD transfère le risque de dépréciation au loueur, ce qui est pertinent face à des VR sous pression, environ 47 % à trois ans pour les modèles chinois [11].
Les modèles BYD sont-ils éligibles aux obligations de verdissement des flottes ?
Oui, les versions électriques et à très faibles émissions comptent dans les quotas de la loi LOM (20 % en 2024, 40 % en 2027, 70 % en 2030) et de la taxe incitative au verdissement [8][9].
Pourquoi les voitures électriques chinoises décotent-elles davantage ?
La forte croissance de l'offre, la nouveauté des marques et l'incertitude sur le réseau pèsent sur la valeur de revente. Leur valeur résiduelle chute environ deux fois plus vite que la moyenne du marché [12].
BYD dispose-t-il d'un réseau après-vente suffisant en France ?
Le maillage se densifie rapidement mais reste moins étendu que celui des marques historiques. La vérification de la proximité d'ateliers agréés est un critère de sélection à part entière pour une flotte.
Faut-il attendre la production européenne de BYD pour référencer la marque ?
Les modèles produits en Europe bénéficieront de l'exemption de droits de douane et pourraient présenter des VR plus stables. Une approche progressive, combinée à des contrats flexibles, permet de tester la marque sans exposer l'ensemble du parc.
