Un règlement européen déjà en vigueur, une échéance qui approche
Le règlement (UE) 2023/1804 sur le déploiement d'une infrastructure pour carburants alternatifs, dit AFIR, a été publié au Journal officiel de l'Union européenne le 22 septembre 2023. Il s'applique directement dans tous les États membres, sans loi de transposition française à attendre. Depuis son entrée en application le 13 avril 2024, toute borne neuve ouverte au public d'une puissance égale ou supérieure à 50 kW doit accepter le paiement à l'acte par carte bancaire ou sans contact, sans obliger l'automobiliste à souscrire un abonnement ou à détenir un badge. Ce premier volet ne concernait que les installations neuves. Le second, qui vise le parc déjà en service, entre en vigueur le 1er janvier 2027.
Qu'est-ce que le règlement AFIR impose exactement aux bornes de recharge ?
Le règlement européen AFIR impose que toute borne ouverte au public d'une puissance égale ou supérieure à 50 kW accepte le paiement par carte bancaire ou sans contact, sans badge ni abonnement obligatoire. Cette règle s'applique aux bornes neuves depuis avril 2024 et s'étendra aux bornes déjà installées à partir du 1er janvier 2027.
Ce qui change au 1er janvier 2027
À cette date, l'obligation de terminal de paiement s'étend aux bornes de 50 kW ou plus installées avant avril 2024 : leurs exploitants doivent les équiper d'un terminal de paiement, au même titre que les installations neuves. La même échéance impose aux nouveaux points de recharge de respecter la norme EN ISO 15118-20, qui rend possible le Plug & Charge : le véhicule s'identifie et déclenche le paiement dès le branchement, sans carte ni application. Les bornes de moins de 50 kW, qui forment l'essentiel du parc de recharge normale installé en entreprise et en voirie, restent hors du champ de cette obligation de terminal : un moyen de paiement sécurisé, par exemple un accès par QR code, reste recommandé mais n'est pas imposé par le texte européen.
Qui est concerné, au-delà des opérateurs de réseau
Le texte vise d'abord les opérateurs de bornes rapides sur autoroute, mais l'obligation touche toute entité qui exploite un point de recharge ouvert au public : un concessionnaire dont les bornes sont accessibles aux clients de passage, une plateforme logistique qui recharge les véhicules de ses prestataires, un centre commercial, un hôtel d'entreprise. Une borne réservée aux seuls salariés et fermée au public, elle, reste hors du champ du règlement : c'est l'ouverture au public qui déclenche l'obligation, pas la puissance seule.
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points de recharge ouverts au public en France, fin juillet 2026
Le coût et le calendrier, pour une entreprise qui exploite des bornes
Équiper une borne existante d'un terminal de paiement par carte suppose un ajout matériel et, souvent, une intervention sur le logiciel de supervision : ce n'est pas un simple paramétrage à distance. Les délais d'approvisionnement et d'intervention d'un installateur certifié IRVE se comptent en mois plutôt qu'en semaines dès qu'une campagne de mise en conformité touche plusieurs sites. Attendre le quatrième trimestre 2026 pour lancer l'audit du parc installé, c'est prendre le risque d'arriver après l'échéance : le bon moment pour demander un devis de mise en conformité, c'est maintenant, pas en décembre.
Ce que cela change pour les conducteurs de flotte, même sans borne à exploiter
Pour un gestionnaire de parc, l'enjeu n'est pas seulement celui des bornes qu'il exploite. Un collaborateur en déplacement qui recharge sur le réseau public perd du temps et complique sa note de frais chaque fois qu'une borne exige un badge ou une application propre à un opérateur qu'il n'a pas téléchargée. Le paiement par carte généralisé sur les points rapides simplifie mécaniquement la recharge en itinérance et la remontée des dépenses, sans dépendre du réseau auquel l'entreprise a souscrit un abonnement. C'est un argument de plus pour organiser la recharge de flotte en entreprise en pensant au réseau public comme un complément fiable, et pas comme un pis-aller.
Anticiper le financement, pas seulement la conformité
La mise en conformité d'une borne existante s'ajoute aux investissements déjà engagés pour financer ses bornes de recharge en entreprise et pour tenir la trajectoire que la France a prise du retard à rattraper, comme le montre notre analyse des bornes de recharge et de la trajectoire 2030. Un parc de recharge pensé et financé comme un actif à part entière, avec ses obligations qui se cumulent dans le temps, coûte moins cher qu'un parc mis aux normes dans l'urgence à chaque nouvelle échéance.
Le 1er janvier 2027 n'est pas un couperet isolé : c'est la deuxième étape d'un règlement déjà en vigueur depuis 2024, dont l'objectif est de rendre la recharge publique aussi simple que le paiement à la pompe. Pour une entreprise qui gère un parc de véhicules électriques ou hybrides rechargeables, la question n'est plus de savoir si l'obligation s'applique, mais si le budget et le planning de mise en conformité sont posés avant l'échéance. Nos experts accompagnent les flottes d'entreprise sur l'ensemble de ces obligations de recharge, du financement des bornes à leur exploitation au quotidien.




