Un utilitaire qui devient, fiscalement, une voiture
Depuis le 1er janvier 2025, un véhicule de catégorie N1 à carrosserie camion pick-up qui comporte au moins cinq places assises est assimilé à un véhicule de tourisme au sens de l'article L. 421-2 du code des impositions sur les biens et services, dans les conditions techniques précisées par le décret n° 2024-610 du 26 juin 2024, ensuite ajustées par le décret n° 2025-749 du 1er août 2025. En dessous de ce seuil, cabine simple ou cabine approfondie de quatre places assises au plus, le véhicule reste un utilitaire au sens fiscal, quel que soit son usage réel sur un chantier ou en tournée.
Un pick-up est-il toujours considéré comme un utilitaire par le fisc ?
Non. Depuis le 1er janvier 2025, un pick-up de catégorie N1 à carrosserie camion pick-up comportant au moins cinq places assises est assimilé à un véhicule de tourisme, quelle que soit sa carte grise d'origine. Seuls les pick-up à cabine simple ou approfondie de quatre places au plus restent des utilitaires au sens fiscal.
Ce que cela déclenche : le malus, une fois, à l'immatriculation
Le malus CO2 et le malus au poids, qui ne visent normalement que les véhicules de tourisme, s'appliquent dès l'immatriculation à un pick-up double cabine cinq places, cumulés, selon les mêmes barèmes qu'une berline ou qu'un SUV. En 2026, le barème du malus au poids se déclenche à partir de 1 499 kg, et un pick-up double cabine équipé dépasse presque toujours ce seuil une fois chargé de ses équipements de chantier.
1 499 kg
seuil de déclenchement du malus au poids pour un véhicule de tourisme en 2026
Ce que cela déclenche aussi : des taxes qui reviennent chaque année
Au-delà du malus, payé une seule fois, l'assimilation à un véhicule de tourisme ouvre aussi le champ des taxes annuelles sur l'affectation des véhicules à des fins économiques, celles qui ont remplacé l'ancienne taxe sur les véhicules de sociétés. Un pick-up utilitaire classique y échappe entièrement. Un pick-up double cabine cinq places assimilé véhicule de tourisme y entre, chaque année où il reste dans le parc de l'entreprise. Ce n'est donc pas un coût unique à absorber à la commande, c'est une ligne récurrente à inscrire dans le calcul du coût total de détention, au même titre que les taxes annuelles sur les véhicules en location longue durée.
Ce que cela signifie pour une flotte qui utilise des pick-up
La leçon rejoint celle déjà tirée pour les commandes de véhicules de tourisme programées fin d'année : un choix de configuration décidé sans regarder la fiscalité se paie plus tard, parfois bien après la livraison. Comme le rappelle notre analyse du malus 2027 et des commandes de fin d'année, le barème qui s'applique est celui du jour de l'immatriculation, pas celui du jour de la commande. Intégrer cette vérification à la car policy de l'entreprise évite la mauvaise surprise sur un véhicule pourtant acheté pour un usage strictement professionnel.
Un véhicule choisi pour un usage de chantier ne devrait pas coûter le prix fiscal d'une voiture de tourisme par simple oubli d'une case sur la fiche technique. Nos experts vérifient la classification fiscale de chaque véhicule, pick-up compris, avant toute signature dans le cadre d'une gestion de flotte.




