À l'échéance d'un contrat de location longue durée, la plupart des flottes font la même chose : elles restituent le véhicule et en signent un autre. Depuis le 1er février 2025, c'est souvent la plus chère des trois sorties possibles, parce qu'une nouvelle attribution fait basculer l'avantage en nature de 30 % à 50 % du coût global annuel. Ce guide compare les trois options, restituer, prolonger ou racheter, sur le seul critère qui les sépare vraiment : ce qu'elles coûtent en charges sociales et en impôt sur le revenu, barèmes URSSAF 2026 en main.
Les trois options, et celle qui gagne le plus souvent
Sur un véhicule attribué avant le 1er février 2025, prolonger le contrat en cours est la sortie la moins chère dans la majorité des cas, et le rachat arrive juste derrière. Restituer pour signer une nouvelle LLD est la seule des trois qui fait entrer le véhicule dans le barème d'avantage en nature de 2025, supérieur des deux tiers au précédent. L'ordre ne s'inverse que dans deux situations : un véhicule trop usé pour qu'une prolongation ait un sens, ou une valeur de rachat proche du prix d'un véhicule neuf.
Option | Base de l'avantage en nature | Ce qu'elle suppose |
|---|---|---|
Restituer et signer une nouvelle LLD | 50 % du coût global annuel du nouveau contrat | Rien de particulier, c'est le cas par défaut |
Prolonger le contrat en cours | Le barème attaché à la date d'attribution d'origine | Que ni le véhicule ni l'accord avec le salarié ne changent |
Racheter le véhicule | 15 % du prix payé, puis 10 % au-delà de 5 ans | Que le loueur accepte de vendre, ce qui se négocie |
Que peut-on faire d'un véhicule à la fin d'un contrat de LLD ?
Trois sorties existent : restituer le véhicule au loueur, prolonger le contrat en cours pour quelques mois ou quelques années, ou racheter le véhicule. La location longue durée ne comporte pas d'option d'achat contractuelle, contrairement à la location avec option d'achat : le rachat se négocie donc au cas par cas avec le loueur, en général dans les mois qui précèdent l'échéance.
Pourquoi une nouvelle LLD coûte plus cher : le passage de 30 à 50 %
Pour un véhicule loué mis à disposition depuis le 1er février 2025, l'avantage en nature forfaitaire vaut 50 % du coût global annuel, contre 30 % pour un véhicule attribué avant cette date. Le coût global annuel comprend la location, l'entretien et l'assurance. Avec prise en charge du carburant, le forfait passe de 40 % à 67 %. Ce qui déclenche le nouveau barème n'est pas la date du contrat de location mais la date de mise à disposition du véhicule au salarié, c'est-à-dire la date d'attribution qui figure dans l'accord conclu entre l'employeur et lui.
Type de véhicule | Attribué avant le 01/02/2025 | Attribué depuis le 01/02/2025 |
|---|---|---|
Acheté, 5 ans ou moins | 9 % du coût d'achat | 15 % du coût d'achat |
Acheté, plus de 5 ans | 6 % du coût d'achat | 10 % du coût d'achat |
Loué ou en LOA | 30 % du coût global annuel | 50 % du coût global annuel |
50 %
du coût global annuel
La conséquence se lit à l'envers, et c'est elle qui doit guider la décision : chaque véhicule encore attribué sous un accord antérieur au 1er février 2025 porte un avantage fiscal qui meurt avec son contrat. Une flotte dont les LLD signées en 2022 arrivent à échéance en 2026 a donc une fenêtre, et une seule, pour décider ce qu'elle fait de cet écart de barème. Le choix du mode de financement lui-même relève d'un autre arbitrage, traité dans le guide LLD ou achat pour un parc de trente véhicules électriques.
Comment calcule-t-on l'avantage en nature d'un véhicule loué en 2026 ?
Pour un véhicule loué mis à disposition depuis le 1er février 2025, l'avantage en nature forfaitaire est égal à 50 % du coût global annuel du véhicule, qui comprend la location, l'entretien et l'assurance. Le taux monte à 67 % lorsque l'employeur prend aussi en charge le carburant. Pour un véhicule attribué avant cette date, les taux restent respectivement de 30 % et 40 %.
Prolonger le contrat : la seule option qui conserve l'ancien barème
Prolonger le contrat en cours sur le même véhicule et pour le même salarié ne crée pas de nouvelle mise à disposition : ce que l'URSSAF retient est la date d'attribution inscrite dans l'accord passé avec le salarié, et non la date de signature de l'avenant au contrat de location. Un véhicule attribué en 2022 et prolongé en 2026 resterait donc évalué à 30 % du coût global annuel. S'ajoute un effet mécanique : un loyer de prolongation est négocié sur un véhicule déjà largement amorti par le loueur, il est donc plus bas que le loyer d'origine, et la base de 30 % s'applique à un montant lui-même réduit.
Prolonger une LLD change-t-il le barème de l'avantage en nature ?
Non, dès lors que le véhicule et l'accord d'attribution conclu avec le salarié restent les mêmes. Le barème applicable dépend de la date de mise à disposition du véhicule au salarié, pas de la date du contrat de location ni de celle de son avenant. Un véhicule attribué avant le 1er février 2025 et prolongé après cette date conserve donc l'évaluation à 30 % du coût global annuel.
Racheter le véhicule : l'avantage en nature tombe à 15 % du prix payé
Dès lors que l'entreprise achète le véhicule, l'avantage en nature cesse d'être calculé sur un coût global annuel et devient un pourcentage du prix d'achat : 15 % pour un véhicule de 5 ans ou moins, 10 % au-delà. Comme un rachat de fin de LLD se fait à la valeur résiduelle, donc à une fraction du prix catalogue, la base s'effondre. Un véhicule racheté 11 000 € produit un avantage en nature de 1 650 € par an, puis de 1 100 € l'année où il dépasse 5 ans, quand une nouvelle location au même usage en produirait le double.
Le rachat déplace en revanche deux lignes du budget. Le véhicule entre à l'actif et son amortissement subit les mêmes plafonds de déductibilité que les loyers de LLD, détaillés dans le guide sur les loyers de LLD non déductibles : à une valeur de rachat de fin de contrat, le prix payé passe le plus souvent sous le premier plafond, et l'amortissement est alors intégralement déductible. L'entreprise reprend par ailleurs à sa charge l'entretien, la garantie et le risque de revente, que le loyer couvrait jusque-là. Les taxes annuelles, elles, ne changent pas de redevable : elles étaient déjà dues par l'entreprise utilisatrice en LLD, comme l'explique l'article sur les taxes annuelles en LLD.
Peut-on racheter un véhicule en fin de LLD ?
Un contrat de location longue durée ne prévoit pas d'option d'achat, mais la plupart des loueurs acceptent d'étudier une offre de rachat, à demander environ trois mois avant l'échéance. Le prix est alors négocié et non contractuel. L'entreprise qui rachète voit l'avantage en nature de son salarié passer à 15 % du prix payé, contre 50 % du coût global annuel d'une location neuve.
Le plafonnement que presque personne ne vérifie
L'avantage en nature d'un véhicule loué est plafonné : il ne peut pas dépasser celui qui aurait été retenu si l'employeur avait acheté le véhicule. Le prix de référence est le prix d'achat toutes taxes comprises payé par le loueur, rabais compris dans la limite de 30 % du prix conseillé par le constructeur à la date de début du contrat. Ce plafond se déclenche dès que le coût global annuel dépasse 30 % de ce prix de référence, ce qui arrive sur les contrats courts et sur ceux qui embarquent beaucoup de services.
30 %
du prix de référence
Un point que la réforme n'a pas changé, contre toute attente : le seuil de déclenchement est resté le même. L'ancien barème plafonnait 30 % du coût global par 9 % du prix d'achat, le nouveau plafonne 50 % par 15 %, et les deux rapports valent 30 %. La réforme a donc multiplié les deux côtés de la comparaison dans la même proportion. Un véhicule dont le coût global annuel atteignait 35 % du prix de référence était déjà plafonné avant 2025, il l'est toujours, mais sur une base supérieure des deux tiers.
L'exemple chiffré, sur un véhicule de flotte
Sur un cas type, l'écart entre la sortie la plus chère et la moins chère atteint 1 740 € d'avantage en nature par an et par véhicule, soit la différence entre 3 000 € et 1 260 €. Hypothèses retenues : un véhicule thermique attribué en 2022, prix catalogue 32 000 € toutes taxes comprises, LLD de 48 mois arrivant à échéance, coût global annuel de 6 000 €, loyer de prolongation ramenant ce coût global à 4 200 €, valeur de rachat proposée par le loueur de 11 000 €, carburant non pris en charge par l'employeur. Les taux sont ceux de l'URSSAF, les montants découlent du calcul.
Option | Calcul | Avantage en nature annuel |
|---|---|---|
Restituer et signer une nouvelle LLD | 50 % de 6 000 € | 3 000 € |
Prolonger le contrat en cours | 30 % de 4 200 € | 1 260 € |
Racheter le véhicule à 11 000 € | 15 % de 11 000 € | 1 650 €, puis 1 100 € après 5 ans |
Sur un véhicule électrique, les trois montants se resserrent sans changer de classement, parce que l'abattement écrase les écarts. Un véhicule attribué depuis le 1er février 2025 et respectant le score environnemental du bonus écologique ouvre droit à un abattement de 70 % sur l'avantage en nature, dans la limite de 4 641,60 € par an en 2026. Pour un véhicule attribué avant cette date, l'abattement n'est que de 50 %, plafonné à 2 026,30 € par an. Appliqués au cas type, ces abattements ramènent les trois options à 900 €, 630 € et 495 € par an. Le choix entre le forfait et les frais réels se pose séparément, et l'article sur l'avantage en nature au forfait ou aux frais réels le détaille.
4 641,60 €
par an
Affiner les hypothèsesFrais annexes 0 € · cotisations 22 % et 42 % · TMI 30 %
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La facture de restitution : aucun barème officiel ne l'encadre
Les frais de remise en état facturés à la restitution ne relèvent d'aucun texte : ils sont contractuels, et c'est la seule réponse honnête à la question de leur montant. Les moyennes qui circulent proviennent de communications commerciales, sans barème public derrière, et elles ne sont donc pas opposables à un loueur. Ce qui est opposable, en revanche, c'est la grille d'usure annexée au contrat et la procédure d'expertise qu'il prévoit. Un parc qui restitue des véhicules tous les ans a intérêt à négocier cette grille à la signature, au moment où il a encore un levier, plutôt qu'à la découvrir à l'échéance.
- Six mois avant l'échéance, demandez au loueur une pré-expertise et une offre de rachat chiffrée.
- Relisez l'accord d'attribution du salarié avant d'envisager une prolongation, et ne le rouvrez pas.
- Comparez les trois options sur l'avantage en nature annuel, pas sur le seul loyer mensuel.
- Vérifiez le kilométrage réalisé contre le kilométrage contractuel : un dépassement se facture, une sous-utilisation ne se rembourse pas.
- Tranchez véhicule par véhicule, pas par contrat global : l'usure et le kilométrage ne sont pas les mêmes d'un conducteur à l'autre.
Les frais de remise en état en fin de LLD sont-ils encadrés par la loi ?
Non. Aucun texte ne fixe de barème pour les frais de remise en état d'un véhicule restitué en fin de location longue durée : ils dépendent entièrement de la grille d'usure annexée au contrat et de la procédure d'expertise que celui-ci prévoit. C'est donc à la signature du contrat, et non à l'échéance, que ces frais se négocient.
Ce qu'il faut décider, et ce que cela change lundi
La décision à prendre n'est pas de choisir une option pour tout le parc, mais d'identifier les véhicules dont l'accord d'attribution est antérieur au 1er février 2025 et dont le contrat arrive à échéance dans les douze mois. Sur ceux-là, et sur ceux-là seulement, la prolongation vaut d'être chiffrée avant toute commande de remplacement, parce que c'est le dernier moment où l'ancien barème est encore accessible. Sur tous les autres, l'arbitrage se joue entre la nouvelle location et le rachat, et le rachat gagne dès que la valeur résiduelle proposée est inférieure au tiers du coût global annuel d'une location neuve. Pour construire ces scénarios sur votre propre parc, les offres et les durées se comparent depuis la page Evera Lease.
Reste une limite à assumer : cet arbitrage porte sur l'avantage en nature, qui n'est qu'une ligne du coût complet. Un véhicule prolongé deux ans de trop finit par coûter en immobilisations et en entretien ce qu'il a fait gagner en charges sociales. La règle pratique est de ne pas prolonger au-delà de douze à vingt-quatre mois, et de ne prolonger que les véhicules dont la pré-expertise ne révèle aucune remise en état lourde.




