Un véhicule confié à un salarié qui peut s'en servir le week-end n'est pas un outil de travail neutre : c'est un élément de rémunération, soumis à cotisations et à l'impôt sur le revenu. On l'appelle l'avantage en nature (AEN) véhicule. Depuis l'arrêté du 25 février 2025, son calcul a changé de dimension : les taux ont fortement augmenté, deux barèmes coexistent selon la date de mise à disposition, et le véhicule électrique bénéficie d'un abattement conditionné à un éco-score.
Ce guide réunit tout ce qu'il faut pour calculer correctement un avantage en nature véhicule en 2026 : le barème applicable, les deux méthodes d'évaluation, les plafonds revalorisés au 1er janvier, et trois calculs pas à pas. Si vous voulez un chiffre tout de suite, notre simulateur d'avantage en nature 2026 le produit en quelques clics.
70 %
d'abattement sur l'avantage en nature d'un véhicule électrique éco-scoré, en évaluation forfaitaire
Avantage en nature véhicule : de quoi parle-t-on ?
Il y a avantage en nature dès lors que l'employeur met un véhicule à disposition d'un salarié et que celui-ci peut l'utiliser à titre privé : trajets domicile-travail, week-ends, congés. Peu importe que l'usage privé soit fréquent ou marginal : c'est la permanence de la mise à disposition qui déclenche l'avantage.
Conséquences concrètes :
- Le montant s'ajoute à la rémunération brute et entre dans l'assiette des cotisations sociales, part employeur et part salarié.
- Il est intégré au net imposable du salarié.
- Il apparaît sur une ligne dédiée du bulletin de paie.
À l'inverse, un véhicule restitué chaque soir sur le parking de l'entreprise et interdit d'usage privé par une note de service opposable ne génère pas d'avantage en nature. La frontière est plus mince qu'il n'y paraît, et l'URSSAF la contrôle : nous la détaillons dans voiture de fonction ou voiture de service, quelle différence. Pour la lecture ligne à ligne du bulletin, voir l'avantage en nature voiture sur la fiche de paie.
Première question à se poser : quand le véhicule a-t-il été mis à disposition ?
C'est l'étape que la plupart des services paie sautent, et c'est celle qui commande tout le reste. L'arrêté du 25 février 2025 n'a pas basculé les flottes existantes vers le nouveau barème : il distingue selon la date de mise à disposition du véhicule au salarié, et non selon la date de commande, la date du contrat de location ou l'année de paie.
- Véhicule mis à disposition jusqu'au 31 janvier 2025 : le barème antérieur continue de s'appliquer, jusqu'à la fin de l'affectation du véhicule à ce salarié. En 2026, en 2027 et au-delà si le véhicule est toujours en service.
- Véhicule mis à disposition à compter du 1er février 2025 : le nouveau barème s'applique.
Autrement dit, en 2026 une flotte de trente véhicules peut relever de deux barèmes en même temps. Le détail du régime antérieur est traité dans notre article de référence avantage en nature voiture 2025.
Deuxième question : forfait ou frais réels ?
L'employeur choisit librement entre deux méthodes d'évaluation. Le choix se fait salarié par salarié et peut être révisé en fin d'exercice.
L'évaluation forfaitaire
Un pourcentage s'applique à une base simple : le coût d'achat TTC du véhicule s'il a été acheté, le coût global annuel TTC s'il est loué. Le résultat annuel est divisé par douze pour la paie mensuelle. C'est la méthode la plus utilisée, parce qu'elle ne demande aucun suivi kilométrique et se défend sans difficulté en cas de contrôle.
Attention à la base retenue en location : le coût global annuel comprend le loyer, l'entretien et l'assurance, en TTC. Beaucoup d'entreprises n'appliquent le taux qu'au loyer et sous-évaluent l'avantage.
L'évaluation aux frais réels
Elle consiste à additionner les dépenses réellement supportées par l'employeur, puis à n'en retenir que la fraction correspondant au kilométrage privé : amortissement ou loyer, assurance, entretien, et carburant privé s'il est pris en charge. Elle devient intéressante quand l'usage privé est faible, mais elle exige un relevé kilométrique fiable et documenté. Sans preuve, l'URSSAF requalifie au forfait, avec régularisation sur trois ans.
Le comparatif chiffré des deux méthodes et les seuils à partir desquels l'une devient plus avantageuse que l'autre sont détaillés dans avantage en nature véhicule : forfait ou frais réels.
Le barème 2026 de l'évaluation forfaitaire
Les taux issus de l'arrêté du 25 février 2025 sont inchangés en 2026. Seuls les plafonds d'abattement des véhicules électriques ont été revalorisés au 1er janvier.
Véhicules mis à disposition à compter du 1er février 2025
Situation | Carburant privé pris en charge | Taux | Base de calcul |
|---|---|---|---|
Véhicule acheté, 5 ans ou moins | Non | 15 % | Coût d'achat TTC |
Véhicule acheté, plus de 5 ans | Non | 10 % | Coût d'achat TTC |
Véhicule acheté, 5 ans ou moins | Oui | 20 % | Coût d'achat TTC |
Véhicule acheté, plus de 5 ans | Oui | 15 % | Coût d'achat TTC |
Véhicule loué (LLD, LOA, crédit-bail) | Non | 50 % | Coût global annuel TTC |
Véhicule loué (LLD, LOA, crédit-bail) | Oui | 67 % | Coût global annuel TTC |
Véhicules mis à disposition jusqu'au 31 janvier 2025
Situation | Carburant privé pris en charge | Taux | Base de calcul |
|---|---|---|---|
Véhicule acheté, 5 ans ou moins | Non | 9 % | Coût d'achat TTC |
Véhicule acheté, plus de 5 ans | Non | 6 % | Coût d'achat TTC |
Véhicule acheté, 5 ans ou moins | Oui | 12 % | Coût d'achat TTC |
Véhicule acheté, plus de 5 ans | Oui | 9 % | Coût d'achat TTC |
Véhicule loué (LLD, LOA, crédit-bail) | Non | 30 % | Coût global annuel TTC |
Véhicule loué (LLD, LOA, crédit-bail) | Oui | 40 % | Coût global annuel TTC |
Deux règles complètent ce tableau. D'une part, pour un véhicule loué, l'évaluation forfaitaire est plafonnée à celle qui aurait été retenue si l'employeur avait acheté le véhicule. D'autre part, la participation versée par le salarié vient en déduction de l'avantage. La grille complète, avec les cas particuliers, figure dans la grille et le barème de l'avantage en nature 2026.
Le véhicule électrique en 2026 : un abattement, mais sous conditions
Le véhicule électrique n'est pas exonéré, il est abattu. Pour les véhicules 100 % électriques mis à disposition entre le 1er février 2025 et le 31 décembre 2027 :
- Évaluation forfaitaire : abattement de 70 %, plafonné à 4 641,60 € par an en 2026 (4 582 € dans le texte de l'arrêté, valeur 2025).
- Évaluation aux frais réels : abattement de 50 %, plafonné à 2 026,30 € par an en 2026.
- Ces plafonds sont revalorisés chaque 1er janvier sur l'indice prévisionnel des prix à la consommation hors tabac.
Trois conditions et exclusions à connaître :
- La condition d'éco-score. L'abattement est réservé aux véhicules atteignant le score environnemental minimal, c'est-à-dire figurant sur la liste officielle des voitures particulières électriques éligibles au bonus écologique. Cette liste est mise à jour par arrêté : un modèle électrique qui n'y figure pas suit le barème commun, sans aucun abattement.
- Les hybrides sont exclus, y compris les hybrides rechargeables. Ils relèvent du barème des véhicules thermiques.
- Les frais d'électricité pris en charge par l'employeur n'entrent pas dans l'avantage en nature. Que la recharge se fasse sur une borne de l'entreprise ou au domicile du salarié, elle n'est pas assimilée à du carburant. Un véhicule électrique rechargé aux frais de l'employeur relève donc du taux « sans carburant » : 50 % en location, 15 % à l'achat.
Ce dernier point est le principal levier d'arbitrage d'une car policy en 2026. L'analyse complète, modèle par modèle, se trouve dans avantage en nature véhicule électrique 2026 : calcul et arbitrage.
Trois calculs pas à pas
Cas 1 : véhicule thermique acheté neuf, sans carburant
Berline essence achetée 35 000 € TTC, mise à disposition en 2026, carburant privé à la charge du salarié.
15 % × 35 000 € = 5 250 € par an, soit 437,50 € par mois.
Si l'employeur prend en charge le carburant privé, le taux passe à 20 % : 7 000 € par an, soit 583,33 € par mois. La prise en charge du carburant coûte donc 1 750 € d'assiette supplémentaire par an.
Cas 2 : véhicule thermique en LLD, avec carburant
Même gamme, en location longue durée. Coût global annuel TTC (loyer, entretien, assurance) : 700 € par mois, soit 8 400 € par an. Carburant privé pris en charge.
67 % × 8 400 € = 5 628 € par an, soit 469 € par mois.
Sans prise en charge du carburant, le taux tombe à 50 % : 4 200 € par an, soit 350 € par mois.
Cas 3 : véhicule électrique éco-scoré en LLD, recharge prise en charge
Même coût global annuel de 8 400 €. La recharge n'étant pas du carburant, on applique le taux de 50 %.
50 % × 8 400 € = 4 200 €
Abattement de 70 % : 2 940 €, montant inférieur au plafond de 4 641,60 €
Avantage en nature retenu : 1 260 € par an, soit 105 € par mois
Soit 364 € de moins par mois que le même véhicule en thermique avec carte carburant, et 4 368 € par an et par salarié.
Quand le plafond mord
Sur un véhicule électrique haut de gamme dont le coût global annuel atteint 16 000 € TTC, l'évaluation forfaitaire ressort à 8 000 €. L'abattement théorique de 70 % vaudrait 5 600 €, mais il est plafonné à 4 641,60 €. L'avantage retenu est donc de 3 358,40 € par an, soit 279,87 € par mois, au lieu de 200 € si le plafond ne jouait pas. C'est à partir d'un coût global annuel d'environ 13 262 € que le plafond commence à mordre.
Ces calculs se vérifient en trente secondes avec notre outil de calcul de l'avantage en nature, qui applique le bon barème selon la date de mise à disposition et gère le plafonnement automatiquement.
Qui supporte quoi, entre l'entreprise et le salarié ?
L'avantage en nature n'est pas un coût supplémentaire de véhicule : c'est une assiette. Il produit des cotisations patronales pour l'entreprise et des cotisations salariales plus de l'impôt sur le revenu pour le salarié. Concrètement, sur les 105 € mensuels du cas 3, le salarié verra son net imposable augmenter d'autant, pour une perte de net de l'ordre de quelques dizaines d'euros selon sa tranche.
La comparaison complète entre le coût employeur, le coût salarié et les autres taxes de la flotte (taxes sur l'affectation des véhicules à des fins économiques, TVA, amortissement non déductible) est traitée dans fiscalité de la voiture de fonction : entreprise et salarié.
Les cinq erreurs les plus coûteuses
- Appliquer le nouveau barème à toute la flotte. Un véhicule mis à disposition avant février 2025 reste au barème antérieur jusqu'à la fin de son affectation. Sur-évaluer coûte des cotisations indues, sous-évaluer coûte un redressement.
- Appliquer le taux au seul loyer. La base d'un véhicule loué est le coût global annuel, entretien et assurance compris.
- Supposer qu'un véhicule électrique ouvre droit à l'abattement. Sans éco-score, aucun abattement. La liste évolue par arrêté, elle se vérifie à chaque commande.
- Traiter la recharge comme du carburant. Elle ne l'est pas, et ce sont 17 points de taux en location qui se jouent là.
- Choisir les frais réels sans preuve kilométrique. C'est le motif de redressement le plus fréquent sur ce poste.
FAQ
Comment calculer l'avantage en nature d'un véhicule en 2026 ?
Identifiez d'abord la date de mise à disposition, qui détermine le barème. Choisissez ensuite la méthode, forfait ou frais réels. Au forfait, appliquez le taux du tableau ci-dessus au coût d'achat TTC ou au coût global annuel TTC, appliquez l'abattement électrique si le véhicule y a droit, déduisez la participation éventuelle du salarié, puis divisez par douze.
Un véhicule de service génère-t-il un avantage en nature ?
En principe non, s'il est restitué et si l'usage privé est effectivement interdit. Mais l'interdiction doit être écrite et réelle : la jurisprudence requalifie régulièrement.
Le trajet domicile-travail compte-t-il comme un usage privé ?
Oui dans le cas général. Il n'est neutralisé que dans des situations limitées, notamment lorsque les transports en commun ne permettent pas le trajet ou lorsque le salarié ne dispose pas du véhicule le week-end.
Peut-on changer de méthode d'une année sur l'autre ?
Oui. L'employeur peut réviser son choix en fin d'exercice, salarié par salarié.
Les plafonds de 2026 s'appliquent-ils aux véhicules mis à disposition en 2025 ?
Oui pour les véhicules déjà sous le nouveau régime : le plafond retenu est celui de l'année d'évaluation, pas celui de l'année de mise à disposition.
Pour aller plus loin
- Grille et barème de l'avantage en nature 2026 : tous les taux, tous les cas.
- Forfait ou frais réels : comment trancher, chiffres à l'appui.
- Véhicule électrique 2026 : abattement, éco-score et arbitrage de flotte.
- Voiture de fonction ou de service : la distinction qui déclenche l'avantage.
- L'avantage en nature sur la fiche de paie : où le lire, comment le vérifier.
- Fiscalité de la voiture de fonction : qui paie quoi, côté entreprise et côté salarié.
- Avantage en nature voiture 2025 : le régime des véhicules mis à disposition en 2025.
Comment calculer l'avantage en nature d'une voiture en 2026 ?
La première étape est de repérer la date de mise à disposition : les véhicules confiés depuis le 1er février 2025 relèvent du nouveau barème, les autres restent à l'ancien jusqu'à la fin de leur affectation. Au forfait, on applique 15 % du coût d'achat TTC (10 % au-delà de cinq ans, 20 % et 15 % si l'employeur paie le carburant privé) ou 50 % du coût global annuel TTC d'un véhicule loué (67 % avec carburant). On applique ensuite l'abattement électrique éventuel, on déduit la participation du salarié, puis on divise par douze.
Sources
- Légifrance, arrêté du 25 février 2025 relatif à l'évaluation des avantages en nature pour le calcul des cotisations de sécurité sociale : taux de 15 %, 10 %, 20 %, 15 %, 50 % et 67 %, barème antérieur de 9 %, 6 %, 12 %, 9 %, 30 % et 40 %, abattement de 70 % plafonné à 4 582 € et principe de revalorisation annuelle.
- LégiSocial, avantage en nature véhicule 2026 : plafonds revalorisés au 1er janvier 2026, soit 4 641,60 € au forfait et 2 026,30 € aux frais réels.
- Légifrance, arrêté du 17 juin 2026 fixant la liste des véhicules électriques répondant à la condition d'éco-score.
- BOFIP, BOI-RSA-BASE-20-20, évaluation des avantages en nature : traitement au regard de l'impôt sur le revenu.




