Ce que le forfait mobilités durables paie, et ce qu'il ne paie pas
Le forfait mobilités durables prend en charge les trajets domicile-travail effectués autrement qu'au volant d'une voiture personnelle thermique. Il couvre le vélo et le vélo à assistance électrique, les engins de déplacement personnel motorisés, le covoiturage comme conducteur ou comme passager, les services de mobilité partagée, et les transports publics hors abonnement déjà pris en charge au titre de l'article L. 3261-2 du code du travail. Il ne couvre ni les déplacements professionnels, qui relèvent des frais professionnels, ni le carburant d'un véhicule personnel, qui relève de la prime de transport.
La confusion entre ces trois dispositifs est la première cause d'erreur en paie, parce qu'ils ne se déclenchent pas de la même façon : l'un est obligatoire, les deux autres sont facultatifs, et leurs plafonds se parlent.
- Le vélo et le vélo à assistance électrique personnels
- Les engins de déplacement personnel motorisés : trottinette, monoroue, gyropode
- Le covoiturage, comme conducteur ou comme passager
- Les services de mobilité partagée : location ou libre-service de véhicules à moteur non thermique
- L'autopartage, à condition que les véhicules soient à faibles émissions
- Les transports publics, hors abonnement relevant de la prise en charge obligatoire
Dispositif | Ce qu'il paie | Obligatoire | Plafond d'exonération |
|---|---|---|---|
Prise en charge des abonnements de transports publics | 50 % du titre d'abonnement, sur la base du tarif de 2e classe | Oui | La part obligatoire, exonérée |
Prime de transport | Le carburant ou l'alimentation d'un véhicule personnel électrique, hybride rechargeable ou à hydrogène | Non | En cumul avec le forfait : 600 € par an, dont 300 € au titre du carburant |
Forfait mobilités durables | Le vélo, le covoiturage, les engins de déplacement personnel et la mobilité partagée | Non | 600 € par an, 900 € en cumul avec les transports publics |
Qu'est-ce que le forfait mobilités durables ?
Le forfait mobilités durables est une indemnité que l'employeur peut verser à un salarié pour ses trajets domicile-travail effectués à vélo, en covoiturage, en engin de déplacement personnel ou en mobilité partagée. Prévu par l'article L. 3261-3-1 du code du travail et applicable depuis le 1er janvier 2022, il est exonéré de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu dans la limite de 600 euros par an et par salarié chez un employeur privé. Il reste facultatif : sa mise en place passe par un accord collectif ou une décision unilatérale de l'employeur.
Combien : les plafonds et la règle de cumul
Chez un employeur privé, le forfait est exonéré de cotisations sociales et de CSG-CRDS jusqu'à 600 euros par an et par salarié, et il n'entre pas dans le revenu imposable. Le plafond monte à 900 euros lorsque le forfait se cumule avec la prise en charge des abonnements de transports publics. Cette enveloppe de 900 euros est globale : elle couvre les deux aides, et non 900 euros qui s'ajouteraient au forfait.
600
€ par an et par salarié, exonérés
900
€ par an, plafond global en cas de cumul avec les transports publics
50
% du titre d'abonnement, part obligatoire à la charge de l'employeur
Situation | Montant annuel exonéré par salarié |
|---|---|
Forfait mobilités durables seul | 600 € |
Cumul avec la prise en charge des transports publics | 900 €, déduction faite de la prise en charge de l'abonnement |
Cumul avec la prise en charge du carburant ou de l'alimentation électrique | 600 €, dont 300 € au maximum au titre du carburant |
Employeur public, selon le nombre de jours d'usage | 100 € de 30 à 59 jours, 200 € de 60 à 99 jours, 300 € à partir de 100 jours |
Quel est le plafond du forfait mobilités durables ?
Chez un employeur privé, le forfait mobilités durables est exonéré de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu jusqu'à 600 euros par an et par salarié. Ce plafond est porté à 900 euros par an lorsque le forfait se cumule avec la prise en charge des abonnements de transports publics, cette enveloppe de 900 euros étant globale et non additionnelle. En cas de cumul avec la prise en charge du carburant ou de l'alimentation d'un véhicule électrique, le plafond reste de 600 euros, dont 300 euros au maximum au titre du carburant.
Un salarié en voiture de fonction peut-il toucher le forfait ?
Aucun texte n'écarte expressément, dans le secteur privé, le salarié disposant d'une voiture de fonction du forfait mobilités durables. L'exclusion existe bien, mais elle porte sur un autre dispositif : l'article R. 3261-12 du code du travail écarte de la prise en charge des frais de carburant ou d'alimentation électrique le salarié qui dispose d'un véhicule mis à sa disposition permanente par l'employeur, avec prise en charge de ces mêmes frais. Dans la fonction publique, en revanche, l'exclusion du forfait pour les agents en véhicule de fonction est posée par décret.
La prudence reste de mise, et deux raisons la commandent. D'abord, le forfait compense des frais réellement engagés sur un mode éligible, et l'article R. 3261-13-2 exige chaque année un justificatif de paiement ou une attestation sur l'honneur : un collaborateur qui vient à vélo trois jours sur cinq engage de vrais frais, celui qui garde sa voiture de fonction au quotidien n'en engage aucun. Ensuite, la pratique des flottes réserve plutôt à cette population le crédit mobilité, qui échange une partie du budget du véhicule contre des titres de mobilité. Avant de verser un forfait à un collaborateur en voiture de fonction, cette lecture devrait être confirmée en relecture et, au besoin, sécurisée par un rescrit social.
Peut-on cumuler une voiture de fonction et le forfait mobilités durables ?
Dans le secteur privé, aucun texte n'écarte expressément du forfait mobilités durables le salarié qui dispose d'une voiture de fonction : l'exclusion prévue à l'article R. 3261-12 du code du travail vise la prise en charge des frais de carburant ou d'alimentation électrique, pas le forfait. Le versement reste toutefois conditionné à des frais réellement engagés sur un mode éligible, justifiés chaque année par un paiement ou une attestation sur l'honneur. Dans la fonction publique, l'exclusion des agents en véhicule de fonction est en revanche explicite.
L'arbitrage : retirer un véhicule de la car policy et verser le forfait
Le forfait ne remplace pas une voiture de fonction sur le plan économique, et c'est le premier constat à poser : 600 euros par an ne compensent pas un véhicule dont le loyer annuel se compte en milliers d'euros. Il devient en revanche décisif sur une population précise, celle des collaborateurs urbains qui roulent peu et dont le véhicule sert surtout de marqueur statutaire. Sur ce segment, la question n'est pas de compenser à l'euro près, mais de comparer trois lignes.
- Le coût complet du véhicule : loyer, assurance, entretien, pneumatiques, taxes annuelles et énergie
- L'avantage en nature, qui pèse sur la fiche de paie du salarié et sur les cotisations de l'entreprise
- Le forfait mobilités durables, exonéré, donc intégralement perçu par le salarié
- La prise en charge des abonnements de transports publics, obligatoire dès que le salarié en présente un
- Le coût de la transition : fin de contrat anticipée, frais de restitution, équipement du collaborateur
Les deux termes qui décident l'arbitrage sont le kilométrage réel et le niveau d'avantage en nature. Un collaborateur à 6 000 kilomètres par an, dont une large part en trajets domicile-travail, est celui pour lequel la bascule est la plus favorable aux deux parties : l'entreprise sort une ligne de coût complète, le salarié voit disparaître un avantage en nature imposable et encaisse un forfait exonéré. Le simulateur ci-dessous donne l'avantage en nature du véhicule en place, qui est le point de départ du calcul.
Affiner les hypothèsesFrais annexes 0 € · cotisations 22 % et 42 % · TMI 30 %
Du forfait au réel, par véhicule
Votre résultat s'affichera ici
Choisissez la motorisation, renseignez le coût annuel et le kilométrage, puis lancez le calcul.
La méthode de comparaison détaillée, seuils compris, est traitée dans le guide sur le seuil de bascule entre indemnités kilométriques et voiture de fonction. Pour le calcul de l'avantage en nature lui-même, la grille du barème 2026 et la comparaison entre forfait et frais réels donnent les bases. Quand le véhicule reste en place, le remboursement de l'électricité se traite dans le guide sur la recharge à domicile.
Le forfait mobilités durables peut-il remplacer une voiture de fonction ?
Le forfait mobilités durables ne compense pas à lui seul le retrait d'une voiture de fonction : plafonné à 600 euros par an, il reste très loin du coût complet d'un véhicule. Il devient pertinent sur les collaborateurs urbains à faible kilométrage, pour qui la suppression du véhicule fait aussi disparaître un avantage en nature imposable. L'arbitrage se mesure en comparant le coût complet du véhicule, l'avantage en nature supporté par le salarié et le net perçu dans chaque scénario.
Le mettre en place sans risque de redressement
Trois obligations encadrent le versement, et ce sont elles que vérifie un contrôle. Le forfait doit bénéficier à l'ensemble des salariés de l'entreprise qui remplissent les conditions, selon les mêmes règles : il n'est pas un avantage négociable au cas par cas. Son montant et ses critères d'attribution se fixent par accord collectif ou, à défaut, par décision unilatérale de l'employeur. Enfin, l'employeur recueille chaque année, pour chaque bénéficiaire, un justificatif de paiement ou une attestation sur l'honneur d'usage effectif d'un mode éligible.
- Un accord collectif ou une décision unilatérale qui fixe le montant et les critères
- Les mêmes règles pour tous les salariés remplissant les conditions
- Un justificatif de paiement ou une attestation sur l'honneur, recueilli chaque année civile
- Un suivi du plafond par salarié, abonnement de transports publics déduit
- Une ligne dédiée en paie, pour que l'exonération soit tracée
L'articulation avec le règlement de flotte se prépare en amont : le forfait n'a de sens que si les populations éligibles y sont nommées et si l'alternative au véhicule y est décrite. La construction du règlement est traitée dans l'article sur la car policy en entreprise, et la frontière entre les deux statuts de véhicule dans celui sur la voiture de fonction et la voiture de service. Le pilotage des coûts, lui, se fait dans Evera Fleet.
Quelles conditions pour verser le forfait mobilités durables ?
Le versement suppose un accord collectif ou une décision unilatérale de l'employeur qui fixe le montant et les critères d'attribution, et le forfait doit bénéficier selon les mêmes règles à tous les salariés remplissant les conditions. L'employeur recueille chaque année un justificatif de paiement ou une attestation sur l'honneur attestant l'usage effectif d'un mode éligible. Sans ce justificatif, l'exonération peut être remise en cause et la somme requalifiée en complément de rémunération soumis à cotisations.




